L'Iran a annoncé vendredi avoir entièrement rouvert le détroit d'Ormuz à la navigation commerciale, un point de passage stratégique mondial crucial pour le transit énergétique. Le président Donald Trump, cependant, a rapidement répliqué, déclarant que le blocus américain sur les navires et ports iraniens resterait pleinement en vigueur. Cette impasse diplomatique souligne la fragilité du cessez-le-feu régional et complique les négociations en cours entre Washington et Téhéran concernant ses activités nucléaires.
L'insistance immédiate du président Trump à maintenir le blocus, malgré la déclaration publique de l'Iran, a révélé le profond fossé qui sépare encore les deux nations. Cela fait suite à une semaine où les États-Unis ont imposé des restrictions sur le trafic à travers le détroit d'Ormuz, en réponse à la limitation du passage par l'Iran en raison de l'intensification des combats au Liban. L'Iran avait précédemment affirmé que ces limitations imposées par les États-Unis violaient un accord de cessez-le-feu négocié par le Pakistan, impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran. « Le blocus de l'US
Navy se poursuivra JUSQU'À CE QUE NOTRE TRANSACTION AVEC L'IRAN SOIT COMPLÈTE À 100 % », a posté Trump sur les réseaux sociaux, quelques minutes seulement après avoir initialement célébré l'annonce de l'Iran. Ce revirement souligne la stratégie de la Maison Blanche de maintenir la pression économique et diplomatique sur Téhéran. La position américaine reste que le blocus ne sera levé que lorsqu'un accord global avec l'Iran, incluant son programme nucléaire, sera finalisé.
C'est une ligne rouge claire. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a posté sur X que la voie navigable essentielle était désormais entièrement accessible aux navires commerciaux. Il a précisé que les navires emprunteraient des routes désignées par la République islamique, en coordination avec les autorités iraniennes.
Cela suggère que Téhéran a l'intention de conserver une certaine mesure de supervision concernant les opérations du canal. Il n'était pas immédiatement clair si de nouveaux frais de transit seraient perçus, un détail qui pourrait compliquer la logistique du transport maritime mondial. « Le blocus constitue une violation de l'accord de cessez-le-feu », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, dans des commentaires publiés par les médias d'État. Baghaei a souligné que l'Iran maintenait sa supervision sur le détroit et était sérieux quant à ses engagements.
Il a ajouté que si les États-Unis ne respectaient pas leurs propres engagements, l'Iran prendrait « les mesures réciproques nécessaires ». Aucune indulgence ne serait montrée, a-t-il affirmé. Cela signale une position ferme de Téhéran, même si sa propre communication interne montrait quelques fissures. Voici le chiffre qui compte : les prix du pétrole ont chuté vendredi, réagissant aux espoirs initiaux que les États-Unis et l'Iran approchaient d'une résolution.
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie avait précédemment averti que la crise énergétique mondiale pourrait s'aggraver considérablement si le détroit d'Ormuz restait fermé. La perspective d'une réouverture même partielle a apporté un certain soulagement au marché. Cependant, le blocus américain maintenu introduit une nouvelle incertitude pour les marchés de l'énergie, qui avaient anticipé une désescalade plus simple.
Ajoutant à la complexité, deux agences de presse semi-officielles iraniennes ont semblé remettre en question l'annonce d'Araghchi. L'agence de presse Fars, considérée comme étroitement liée aux Gardiens de la Révolution iraniens, a publié des messages sur X critiquant ce qu'elle a qualifié de « manque de clarté » concernant la décision de rouvrir la voie navigable. L'agence a également noté un « étrange silence du Conseil suprême de la sécurité nationale et de l'équipe de négociation ». L'agence de presse Mehr a fait écho à ces sentiments, déclarant que la décision nécessitait une « clarification » et l'approbation du guide suprême.
Cette discorde interne au sein du paysage médiatique iranien suggère un manque potentiel de consensus aux plus hauts niveaux du gouvernement de Téhéran concernant le statut du détroit. Le Conseil suprême de la sécurité nationale a récemment fonctionné comme l'organe décisionnel de facto du pays. Cela se produit au milieu des questions entourant la santé et le statut du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui aurait été blessé lors des premières étapes du conflit.
Les manœuvres politiques au sein de Téhéran ajoutent une couche d'imprévisibilité à tout accord conclu avec des puissances extérieures. De telles dynamiques internes compliquent souvent les négociations externes. Pendant ce temps, une trêve de 10 jours au Liban semblait tenir tôt vendredi, promettant un répit dans les combats entre Israël et le Hezbollah.
Des familles déplacées ont commencé à retourner vers le sud du Liban et les banlieues sud de Beyrouth. Malgré les avertissements des responsables de ne pas revenir tant que la stabilité du cessez-le-feu ne serait pas claire, beaucoup ont choisi de rentrer chez eux. À Jibchit, dans le sud du Liban, les habitants ont inspecté les dégâts sur les sites où des frappes aériennes israéliennes avaient détruit des bâtiments.
Cet élément humain souligne le besoin urgent d'une paix durable. Les gens veulent reconstruire leur vie. Cependant, la durabilité de la trêve reste une préoccupation.
Le ministère libanais de la Santé a signalé une frappe israélienne dans la région de Kounine, qui a touché une voiture et une moto, tuant une personne et en blessant trois, dont un citoyen syrien, après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Cet incident a marqué le premier décès signalé depuis le début de la trêve. L'armée israélienne et le Hezbollah n'ont offert aucune réponse immédiate.
De tels incidents isolés pourraient facilement défaire le calme fragile. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu'Israël avait accepté le cessez-le-feu au Liban « à la demande de mon ami le président Trump », mais a affirmé que la campagne contre le Hezbollah n'était pas terminée. Netanyahu a affirmé que les forces israéliennes avaient détruit environ 90 % des stocks de missiles et de roquettes du Hezbollah.
Il a ajouté que les forces israéliennes « n'avaient pas encore terminé » le démantèlement du groupe. Cela suggère qu'Israël conserve des objectifs opérationnels significatifs dans le sud du Liban, potentiellement en contradiction avec l'esprit de la trêve. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré qu'Israël maintiendrait ses positions actuelles, y compris une zone tampon de 10 kilomètres (6 miles) s'étendant dans le sud du Liban.
Il a indiqué que de nombreuses maisons de la région seraient détruites et que les résidents libanais ne reviendraient pas. Le Hezbollah, pour sa part, a affirmé le « droit de résister » du peuple libanais à l'occupation israélienne, leurs actions étant déterminées par l'évolution des événements. Cette divergence d'intentions déclarées prépare un terrain tendu pour les jours à venir.
Derrière le langage diplomatique se cache l'histoire plus large du conflit. Israël et le Hezbollah se sont engagés dans des combats intermittents depuis le début de la guerre de Gaza l'année dernière, dégénérant en une autre invasion après que le Hezbollah a repris les attaques de missiles contre Israël en réponse à sa guerre contre l'Iran. Un accord antérieur en novembre 2024 pour mettre fin à cette guerre entre Israël et le Liban n'a pas empêché la poursuite des frappes israéliennes.
Ce contexte historique rend tout cessez-le-feu actuel intrinsèquement fragile. La confiance est rare. Les médiateurs poussent à un compromis sur trois points principaux : le programme nucléaire iranien, le statut du détroit d'Ormuz et les compensations pour les dommages de guerre.
Cette information provient d'un responsable régional impliqué dans les efforts de médiation. La complexité de ces questions rend une résolution rapide improbable, même avec la trêve déclarée au Liban. Chaque point a des implications significatives pour les intérêts nationaux de toutes les parties.
Le président Trump a également suggéré vendredi que l'Iran avait accepté de livrer son uranium enrichi. « Les États-Unis obtiendront toute la "poussière nucléaire", créée par nos grands bombardiers B2 — Aucun argent ne changera de mains, de quelque manière que ce soit », a-t-il posté. Trump utilise fréquemment l'expression « poussière nucléaire » pour désigner l'uranium hautement enrichi que l'on croit enfoui sous des sites nucléaires bombardés par les États-Unis lors de la guerre de 12 jours de l'année dernière entre Israël et l'Iran. Ceci, si confirmé, représenterait une concession majeure de Téhéran.
Ni l'Iran ni les pays intermédiaires n'ont corroboré cet accord spécifique, cependant. Cela reste une affirmation significative et non vérifiée. Au-delà du bruit, l'histoire est plus simple qu'il n'y paraît : une lutte de pouvoir pour le contrôle et l'influence.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, reste une artère essentielle pour le commerce international. Toute perturbation affecte les prix de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement bien au-delà du Moyen-Orient. L'impasse actuelle a un impact non seulement sur la stabilité régionale, mais aussi sur les prévisions économiques mondiales.
Les nations en développement, en particulier en Afrique et en Asie, sont particulièrement vulnérables à la volatilité des prix de l'énergie. Cette situation affecte tous les coins de la planète. - Les États-Unis maintiennent un blocus sur les navires et ports iraniens malgré l'affirmation de l'Iran d'avoir entièrement rouvert le détroit d'Ormuz. - Le président Trump lie la levée du blocus directement à un accord global sur le programme nucléaire iranien et d'autres questions. - Un désaccord interne au sein des médias d'État iraniens concernant la réouverture du détroit suggère un manque potentiel de consensus à Téhéran. - Une trêve fragile de 10 jours tient au Liban, mais une frappe israélienne signalée après le cessez-le-feu souligne les tensions régionales continues. Le marché vous dit quelque chose.
Écoutez. Les traders pétroliers surveilleront de près tout progrès vérifiable dans la deuxième série de pourparlers proposée entre les États-Unis et l'Iran, que le président Trump a suggéré pouvoir avoir lieu ce week-end. La stabilité de la trêve au Liban, en particulier concernant les mouvements de troupes israéliennes et la réponse du Hezbollah, sera également un indicateur clé.
De plus amples détails sur la dynamique politique interne de l'Iran, en particulier concernant l'autorité du Conseil suprême de la sécurité nationale et la santé du guide suprême, pourraient influencer la flexibilité de négociation de Téhéran. Le marché mondial de l'énergie reste sur le qui-vive, attendant des signes tangibles de désescalade, et pas seulement des annonces contradictoires.
Points clés à retenir
— - Les États-Unis maintiennent un blocus sur les navires et ports iraniens malgré l'affirmation de l'Iran d'avoir entièrement rouvert le détroit d'Ormuz.
— - Le président Trump lie la levée du blocus directement à un accord global sur le programme nucléaire iranien et d'autres questions.
— - Un désaccord interne au sein des médias d'État iraniens concernant la réouverture du détroit suggère un manque potentiel de consensus à Téhéran.
— - Une trêve fragile de 10 jours tient au Liban, mais une frappe israélienne signalée après le cessez-le-feu souligne les tensions régionales continues.
Source : AP News
