Un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par les États-Unis, est entré en vigueur le vendredi 17 avril 2026, apportant un calme fragile dans certaines parties du Liban. Des milliers de familles déplacées ont immédiatement entamé leur voyage vers le sud, confrontées à d'importants dégâts et aux avertissements officiels contre un retour immédiat. « Israël ne veut pas la paix », a déclaré Ali Wahdan, un infirmier de 27 ans blessé lors d'une précédente frappe, reflétant une profonde méfiance parmi de nombreux rapatriés.
Tôt le vendredi matin, la route menant vers le sud au pont de Qasmiyeh, sur le fleuve Litani, a connu une congestion importante. Des véhicules, souvent surchargés de matelas et d'effets personnels récupérés, formaient des files d'attente de plusieurs kilomètres, avançant lentement sur une seule voie réparée à la hâte après une frappe aérienne israélienne la veille. Les conducteurs se dirigeant vers leurs villages le long des autoroutes côtières échangeaient des salutations et faisaient des signes de victoire, une expression timide de soulagement après des semaines de conflit.
Ce flux de retour témoigne d'un désir collectif de reprendre des vies interrompues par un conflit qui a déplacé plus d'un million de personnes. Les responsables libanais avaient mis en garde contre les retours immédiats, invoquant des préoccupations de sécurité et l'ampleur des dégâts. Beaucoup ont choisi d'ignorer ces avertissements.
La trêve semblait largement tenir pendant la nuit, offrant un bref répit. C'est un bref répit. Dans les villages du sud comme Jibsheet, la réalité du cessez-le-feu est rapidement devenue évidente.
Les habitants sont rentrés au compte-gouttes pour découvrir des immeubles d'appartements rasés et des rues jonchées de blocs de béton, de volets en aluminium tordus et de fils électriques sectionnés. « Je me sens libre d'être de retour », a déclaré Zainab Fahas, 23 ans, debout au milieu des décombres. « Mais regardez, ils ont tout détruit — la place, les maisons, les magasins, tout. » Ses mots traduisent le sentiment doux-amer de revenir dans un foyer qui n'existe plus. L'espoir rivalise avec la peur. Ce scepticisme sous-jacent était palpable chez beaucoup, en particulier ceux qui avaient vécu le conflit de première main.
Ali Wahdan, l'infirmier de 27 ans, marchait avec des béquilles sur les débris du quartier général des services d'urgence à Jibsheet. Il a subi de graves blessures lorsqu'une frappe aérienne israélienne a touché le bâtiment sans avertissement au cours de la première semaine des récents combats. « J'aurais aimé que ce soit différent », a-t-il déclaré, la voix tendue. « Mais cette guerre va continuer. » Sa perspective souligne la fragilité du calme actuel. La méfiance est profonde.
Dans la banlieue sud de Beyrouth, Haret Hreik, des bâtiments entiers ont été réduits en ruines après des semaines de frappes israéliennes intenses. Ahmad Lahham, 48 ans, se tenait sur une montagne de débris qui était autrefois son immeuble, lequel abritait également une succursale d'Al-Qard Al-Hassan, la branche financière du Hezbollah. Il agitait le drapeau jaune du Hezbollah, déclarant : « Nous sommes au service des combattants. » Voici le chiffre qui compte : un responsable du gouvernement local à Haret Hreik, le maire adjoint Sadek Slim, a rapporté qu'Israël avait frappé le quartier 62 fois au cours des six dernières semaines. « Nous avons pu déblayer les décombres des bâtiments partiellement endommagés », a déclaré Slim lors d'un point de presse, « mais pour ceux qui sont détruits, nous aurons besoin d'équipements spéciaux. » La zone restait embouteillée, un mélange de résidents de retour vérifiant leurs maisons et de partisans du Hezbollah à scooter, drapeaux au vent.
La destruction est partout. Les commentaires de Lahham ont également abordé le paysage géopolitique plus large, louant l'Iran pour sa pression dans les pourparlers avec les États-Unis qui, selon lui, ont mené à la trêve. Il a condamné les pourparlers directs du Liban avec Israël, affirmant : « Seuls les Iraniens se sont tenus à nos côtés, personne d'autre », et a qualifié les dirigeants libanais de « direction de la honte ». Ce point de vue souligne l'interaction complexe entre la politique intérieure libanaise et l'influence régionale externe dans le conflit.
Les forces extérieures jouent un rôle. Si l'on fait abstraction du bruit, l'histoire est plus simple qu'il n'y paraît. Israël et le Hezbollah se sont engagés dans des combats intermittents depuis le lendemain du début de la guerre de Gaza.
Un accord précédent en novembre 2024 visait à mettre fin à ce conflit, mais Israël a maintenu des frappes quasi quotidiennes. Ces actions, a affirmé Israël, visaient à empêcher le groupe militant soutenu par l'Iran de se regrouper. Ce cycle a dégénéré en une autre invasion après que le Hezbollah a de nouveau commencé à tirer des missiles sur Israël, en réponse à la guerre continue d'Israël contre l'Iran.
Le schéma est clair. Le coût humain de ce conflit prolongé est devenu très évident à l'hôpital Al-Najda al Shaabiya de Nabatiyeh, une ville du sud du Liban. La directrice de l'hôpital, Mona Abou Zeid, a rapporté que jeudi, la veille du cessez-le-feu, avait été l'une des journées les plus intenses en frappes israéliennes depuis le début de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah.
Des blessés ont continué d'arriver des frappes voisines jusqu'à environ une heure après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu de minuit. Son personnel a travaillé sans relâche. Parmi les blessés du bombardement sur Nabatiyeh figurait Mahmoud Sahmarani, 33 ans.
Il a raconté être sorti de chez lui pour acheter du charbon pour sa chicha lorsqu'une frappe israélienne a touché son immeuble de cinq étages, tuant son père et son cousin qui préparaient le déjeuner. Son appartement est maintenant en ruines. Sa famille est sans abri.
De son lit d'hôpital, l'œil gauche gonflé et la tête bandée, Sahmarani a déclaré : « Israël aurait dû se retirer du Liban. Si nous ne les chassons pas, ils continueront à nous tuer. » Ses mots portent le poids de la perte personnelle et un appel à la rétribution. C'est une tragédie personnelle.
Dans le centre-ville de Beyrouth, des tentes abritent toujours des familles déplacées. Certains ont commencé à partir, mais beaucoup d'autres attendent, évaluant soigneusement les risques de retourner dans le sud. Ali Balhas, de la ville de Siddiqeen dans la province de Tyr, a exprimé sa profonde méfiance. « Nos maisons dans le sud ont disparu, détruites », a-t-il dit. « Israël est trompeur.
On ne connaît jamais vraiment ses politiques ni comment il agira envers les gens. » Avec six enfants, il prévoit d'attendre une plus grande sécurité avant de tenter de rentrer. Le marché vous dit quelque chose. Écoutez : cette prudence généralisée suggère un profond manque de confiance dans la durabilité de la trêve.
Amira Ayyash, une femme de Qaaqaiat al-Jisr dans la province de Nabatiyeh, a également décidé d'attendre. « Nous ne savons pas à quelle heure ils pourraient nous frapper, car ils sont traîtres. Nous avons donc décidé d'y aller doucement », a-t-elle expliqué. Cela contraste avec Ahmad Ramadan, 42 ans, père de trois enfants, coincé dans l'embouteillage, qui avait initialement prévu de rester chez son cousin à Beyrouth.
L'envie de voir sa maison à Tyr l'a emporté. « Nous allons vérifier notre maison, juste rapidement, et revenir. Même si nous attendons des heures ici, cela vaut la peine de savoir ce qui s'est passé », a-t-il dit. Les gens pèsent leurs options.
Cette trêve de 10 jours, négociée par les États-Unis, est plus qu'une simple pause dans les combats locaux. Elle pourrait potentiellement lever un obstacle majeur à un arrangement diplomatique plus large impliquant l'Iran, les États-Unis et Israël, visant à mettre fin à des semaines de conflit régional plus étendu. La cessation des hostilités au Liban pourrait offrir une fenêtre nécessaire pour des négociations plus approfondies sur la sécurité régionale.
Les efforts diplomatiques s'intensifient. Au-delà des souffrances humaines immédiates, le coût économique de ce conflit est considérable. Le coût de la reconstruction des infrastructures, des zones résidentielles et des établissements commerciaux dans le sud du Liban sera substantiel.
Des estimations provenant de sources gouvernementales libanaises, pas encore entièrement compilées, suggèrent que des milliards de dollars seront nécessaires pour les efforts de reconstruction, un fardeau pour une nation déjà aux prises avec une grave crise financière. L'aide et les investissements internationaux seront cruciaux pour le redressement. L'économie est mise à l'épreuve.
Au niveau régional, la pérennité de la trêve influencera la dynamique d'autres conflits par procuration et alliances. La stabilité au Liban, même temporaire, peut réduire les points de pression pour des acteurs comme la Syrie et diverses milices non étatiques. Inversement, tout effondrement du cessez-le-feu pourrait déclencher des escalades plus larges, attirant potentiellement davantage de puissances régionales et déstabilisant davantage un Moyen-Orient déjà volatile.
Les acteurs régionaux observent attentivement. Le rôle des États-Unis dans la facilitation de cette trêve souligne l'importance continue de la médiation externe pour résoudre les différends régionaux enracinés. Cependant, la fragilité de tels accords, compte tenu du contexte historique des relations Israël-Hezbollah et de l'influence iranienne plus large, reste un facteur critique.
Un engagement diplomatique soutenu sera essentiel pour éviter un retour à un conflit à grande échelle. La diplomatie est essentielle. Points clés à retenir :
- Un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Hezbollah a permis à des milliers de Libanais déplacés de commencer à rentrer chez eux.
- Les rapatriés rencontrent des destructions généralisées et un profond scepticisme quant à la durée de la trêve.
- Le conflit a déplacé plus d'un million de personnes, avec d'importants dégâts d'infrastructure signalés dans le sud du Liban et les banlieues de Beyrouth.
Les observateurs suivront de près le respect de l'accord de cessez-le-feu de 10 jours. Le succès des efforts de reconstruction dans les zones fortement endommagées comme Haret Hreik et Jibsheet fournira une mesure tangible de stabilité. En outre, tout développement concernant la voie diplomatique plus large Iran-États-Unis-Israël, que cette trêve pourrait faciliter, méritera une attention particulière dans les semaines à venir.
La voie à suivre reste incertaine.
Points clés à retenir
— - Un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Hezbollah a permis à des milliers de Libanais déplacés de commencer à rentrer chez eux.
— - Les rapatriés rencontrent des destructions généralisées et un profond scepticisme quant à la durée de la trêve.
— - Le conflit a déplacé plus d'un million de personnes, avec d'importants dégâts d'infrastructure signalés dans le sud du Liban et les banlieues de Beyrouth.
— - La trêve a des implications plus larges pour d'éventuels efforts diplomatiques entre l'Iran, les États-Unis et Israël.
Source : AP News
