Le Pape Léon XIV s'est adressé à environ 120 000 personnes à Douala, au Cameroun, vendredi, critiquant ouvertement la répartition inégale des richesses du pays. Le Vatican a rapporté les estimations de participation des organisateurs locaux, ce qui en fait l'un des plus grands rassemblements de son voyage africain. Son message a souligné une lutte persistante contre la pauvreté matérielle et spirituelle malgré les ressources naturelles du pays, selon la transcription de son sermon.
Le terrain vibrant devant le Stade Japoma de Douala était une mer de chants, de balancements et de danses alors que les cris joyeux d'un annonceur, "Habemus Papam !", annonçaient l'arrivée du Pape Léon XIV. Des milliers de personnes s'étaient rassemblées dès les premières heures, certaines dormant à même le sol pour s'assurer une place. Alex Nzumo, présent en béquilles, avait passé la nuit à lutter contre les moustiques pour avoir la chance d'assister à la messe.
Il a déclaré à un journaliste local : "Je voulais offrir cet effort au pape, lui montrer que ce qu'il fait et ce qu'il veut accomplir devrait vraiment prendre vie." Son dévouement reflétait l'ambiance générale. Le souverain pontife, visible depuis sa papamobile ouverte, a parcouru la foule, des jeunes courant à ses côtés, désireux de suivre le rythme. “Soyez les premiers visages et les premières mains qui apportent le pain de vie à vos voisins”, a exhorté le Pape Léon XIV dans son homélie, prononcée en français et en anglais. Il a appelé les jeunes à "multiplier vos talents par la foi, la persévérance et l'amitié". Ce message s'adressait directement à la population jeune du Cameroun.
Il a parlé d'apporter "la nourriture de la sagesse et la délivrance de tout ce qui ne les nourrit pas, mais obscurcit plutôt les bons désirs et les prive de leur dignité". Le souverain pontife a encouragé à regarder au-delà de la désillusion. Il leur a demandé d'embrasser l'espoir pour l'avenir. Plus tôt dans son voyage africain de 11 jours à travers quatre nations, le Pape Léon XIV avait directement défié l'autorité.
Il s'est prononcé contre la corruption en présence du président Paul Biya, qui gouverne le Cameroun depuis plus de 40 ans. "Pour que la paix et la justice prévalent, les chaînes de la corruption — qui défigurent l'autorité et la privent de sa crédibilité — doivent être brisées", a-t-il déclaré mercredi, cité par le Vatican. Il a ajouté que les cœurs devaient être libérés de "l'idolâtrie de soi et de l'argent". Une telle franchise de la part d'un souverain pontife en visite est remarquable. Voici le chiffre qui compte : le Cameroun, avec une population de 29 millions d'habitants, affiche un âge médian de 18 ans.
Cela en fait un pays majoritairement jeune. Les catholiques représentent environ 29 % de la population nationale, constituant une base substantielle pour l'Église et une source importante de vocations sacerdotales. Bien qu'étant une nation productrice de pétrole connaissant une expansion économique modeste, de nombreux jeunes Camerounais affirment que les bénéfices ne se sont pas étendus au-delà d'une élite restreinte.
Cela crée une frustration généralisée. Le coût économique s'étend au-delà de la simple insatisfaction. Les données de la Banque Mondiale indiquent que le taux de chômage au Cameroun s'élève à 3,5 %, pourtant 57 % de la population active âgée de 18 à 35 ans travaille dans l'emploi informel.
Ce secteur informel manque souvent de stabilité et de salaires adéquats. Ce déséquilibre entraîne une fuite des cerveaux, en particulier dans les secteurs critiques. Le Ministère de l'Enseignement Supérieur a rapporté qu'en 2023, environ un tiers des médecins diplômés des facultés de médecine du Cameroun ont quitté le pays.
Ils ont cherché des postes plus lucratifs en Europe et en Amérique du Nord, laissant un secteur de la santé déjà en sous-effectif encore plus tendu. Cet exode de talents représente un défi majeur à long terme. “Bien sûr, lorsque le chômage et l'exclusion sociale persistent, la frustration peut conduire à la violence”, a averti le Pape Léon XIV lors de son discours d'ouverture devant le président Biya et les responsables gouvernementaux. Il a souligné la nécessité d'investissements ciblés. “Investir dans l'éducation, la formation et l'entrepreneuriat des jeunes est donc un choix stratégique pour la paix.
C'est le seul moyen de freiner l'exode de talents merveilleux vers d'autres parties du monde.” Ses paroles relient directement la politique économique à la stabilité sociale. Ce lien est souvent négligé par les décideurs politiques. Derrière le langage diplomatique se cache une histoire de tension politique.
Le mécontentement croissant concernant le long mandat du président Biya s'est intensifié lors de l'élection présidentielle tendue d'octobre. Il a obtenu un huitième mandat consécutif. Lorsque Issa Tchiroma Bakary, principal candidat de l'opposition camerounaise, a contesté les résultats de l'élection, des manifestations meurtrières ont éclaté à travers le pays.
Les observateurs des droits de l'homme ont signalé des dizaines de décès. Ce contexte de griefs politiques et de difficultés économiques donne aux déclarations de Léon XIV une résonance supplémentaire. Le marché vous dit quelque chose.
Écoutez. Éliminez le bruit et l'histoire est plus simple qu'il n'y paraît : la visite du Pape au Cameroun est plus qu'un voyage spirituel ; c'est un engagement direct avec les questions socio-économiques et de gouvernance urgentes auxquelles est confronté un continent avec une population jeune en pleine croissance. Ses messages sur la répartition des richesses et la corruption résonnent profondément dans un pays où une partie importante de la population se sent exclue des bénéfices des ressources nationales.
Les appels à la justice et à l'inclusion économique émanant d'une figure aussi mondialement reconnue amplifient les voix de ceux qui sont souvent marginalisés. Ses paroles fournissent un cadre moral pour aborder les problèmes systémiques. Cela peut renforcer le pouvoir des activistes locaux et des leaders religieux qui cherchent le changement.
Points clés à retenir : - Le Pape Léon XIV a critiqué les disparités de richesse au Cameroun devant environ 120 000 participants à Douala. - Il avait auparavant interpellé directement le président Paul Biya sur la corruption, la liant à l'érosion de l'autorité. - Le Cameroun est confronté à un taux élevé d'emploi informel chez les jeunes et à une importante fuite des cerveaux, en particulier parmi les professionnels de la santé. - Le Pape a plaidé pour l'investissement dans l'éducation, la formation et l'entrepreneuriat des jeunes comme stratégie pour la paix et la rétention des talents. Plus tard vendredi, le Pape Léon XIV a un engagement prévu dans la capitale, Yaoundé, où il rencontrera des étudiants, des professeurs et des administrateurs de l'Université Catholique d'Afrique Centrale. Cette rencontre offrira probablement une autre plateforme pour qu'il articule sa vision pour la jeunesse du continent et son rôle dans la construction d'un avenir plus équitable.
Les observateurs seront attentifs à tout autre commentaire direct sur le paysage politique ou économique du Cameroun. L'impact de sa visite sera mesuré par la traduction de ses appels à la justice et à la transparence en changements politiques tangibles ou en un engagement civique renouvelé dans les mois à venir.
Points clés à retenir
— - Le Pape Léon XIV a critiqué les disparités de richesse au Cameroun devant environ 120 000 participants à Douala.
— - Il avait auparavant interpellé directement le président Paul Biya sur la corruption, la liant à l'érosion de l'autorité.
— - Le Cameroun est confronté à un taux élevé d'emploi informel chez les jeunes et à une importante fuite des cerveaux, en particulier parmi les professionnels de la santé.
— - Le Pape a plaidé pour l'investissement dans l'éducation, la formation et l'entrepreneuriat des jeunes comme stratégie pour la paix et la rétention des talents.
Source : NBC News
