L'armée des États-Unis a annoncé lundi son intention de mettre en œuvre un blocus naval sur tous les ports iraniens à partir de 14h00 GMT, suite à l'échec des pourparlers de paix au Pakistan entre les parties belligérantes. Les dirigeants militaires iraniens ont immédiatement condamné cette mesure, la qualifiant d'illégale et d'acte de piraterie, avertissant qu'aucun port du Golfe ne serait sûr si les siens étaient ciblés, selon une déclaration lue à la télévision d'État. Les prix mondiaux du pétrole ont bondi de près de 8 %, les contrats WTI et Brent dépassant tous deux les 100 dollars le baril après cette annonce, a rapporté Al Jazeera.
Le blocus prévu par le Commandement central des États-Unis vise les navires de toutes nations entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens, y compris ceux du golfe Persique et du golfe d'Oman. Cette mesure fait suite à un week-end de négociations infructueuses visant à assurer une paix durable dans le conflit qui a débuté fin février, lequel a coûté des milliers de vies et perturbé l'économie mondiale. "Les restrictions imposées par l'Amérique criminelle à la navigation maritime et au transit dans les eaux internationales sont illégales et constituent un exemple de piraterie", a déclaré le centre de commandement central de l'armée iranienne, Khatam al-Anbiya, dans un message diffusé à l'échelle nationale. La déclaration du centre de commandement a souligné que si la sécurité des "ports iraniens dans les eaux du golfe Persique et de la mer d'Arabie est menacée, aucun port du golfe Persique et de la mer d'Arabie ne sera sûr." Cet avertissement direct souligne le potentiel d'une instabilité régionale plus large.
Le président Donald Trump a communiqué sur les réseaux sociaux que les États-Unis bloqueraient également la route commerciale stratégique du détroit d'Ormuz. Son objectif déclaré est de déminer le détroit et de lui redonner un accès complet à la navigation, tout en empêchant l'Iran de tirer profit de son contrôle sur cette voie navigable. Malgré ces menaces verbales croissantes, un cessez-le-feu entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui a débuté la semaine dernière, a continué de tenir sans aucune indication immédiate de reprise du conflit armé.
Le trafic à travers le détroit d'Ormuz, un conduit essentiel pour les expéditions internationales de pétrole et de gaz, a fait face à de sévères restrictions depuis le début du conflit. L'Iran n'a autorisé le transit que pour un nombre limité de navires desservant des pays qu'il considère amis, comme la Chine. La nouvelle menace de blocus a immédiatement eu un impact sur les marchés de l'énergie, faisant grimper les prix du pétrole après une période de baisse suite à la trêve initiale.
Les deux principaux contrats WTI et Brent ont clôturé au-dessus de 100 dollars le baril lundi, reflétant l'anxiété du marché. La Chine, un important importateur de pétrole iranien et un rival mondial de Washington, a exprimé sa désapprobation du plan américain. "Le détroit d'Ormuz est une route commerciale internationale importante pour les marchandises et l'énergie, et le maintien de sa sécurité, de sa stabilité et de son flux ininterrompu est dans l'intérêt commun de la communauté internationale", a déclaré Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Il a exhorté l'Iran et les États-Unis à éviter de rallumer la guerre, selon Al Jazeera.
Parmi les alliés de Washington au sein de l'OTAN, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a ouvertement remis en question la justification de l'action navale proposée. "C'est un épisode de plus dans cette spirale descendante dans laquelle nous avons été entraînés", a déclaré Robles aux journalistes. Ses commentaires reflètent une réticence plus large parmi certaines nations européennes à s'engager dans de nouvelles actions militaires dans la région. Le Premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, a affirmé la position de la Grande-Bretagne lors d'une interview à la radio BBC.
Starmer a déclaré que le Royaume-Uni ne participerait pas au blocus américain, ajoutant que le Royaume-Uni "ne se laisserait pas entraîner" dans le conflit américano-israélien avec l'Iran. Ces déclarations de partenaires européens clés suggèrent un manque de soutien international unifié à la stratégie militaire américaine. Le Commandement central a précisé que ses forces navales n'obstrueraient pas les navires transitant par le détroit d'Ormuz à destination ou en provenance de ports non iraniens.
Cette distinction tente de séparer le blocus du commerce iranien de la liberté de navigation plus large à travers le détroit pour les autres nations. Cependant, la réponse de l'armée iranienne suggère que Téhéran considère toute restriction dans la région comme un défi direct. Pourquoi c'est important : Le blocus naval américain prévu a des implications substantielles pour le commerce mondial et la sécurité énergétique.
Le détroit d'Ormuz facilite environ un cinquième de la consommation mondiale totale de pétrole, faisant de toute perturbation un déclencheur potentiel d'instabilité économique mondiale. Une escalade dans la région du Golfe pourrait entraîner des coûts énergétiques plus élevés pour les consommateurs et les entreprises à l'échelle mondiale, compliquant davantage les efforts de reprise après le coût économique du récent conflit. L'échec des pourparlers de paix et les menaces militaires subséquentes sapent également les efforts diplomatiques visant à désamorcer les tensions, faisant planer le spectre d'un conflit renouvelé dans une zone stratégiquement vitale.
Points clés à retenir : - Les États-Unis ont annoncé un blocus naval des ports iraniens, effectif lundi à 14h00 GMT, suite à l'échec des pourparlers de paix. - L'armée iranienne a condamné le blocus comme illégal et acte de piraterie, menaçant de représailles contre d'autres ports du Golfe si les siens étaient ciblés. - Les prix du pétrole ont augmenté de près de 8 %, les contrats WTI et Brent dépassant les 100 dollars le baril, reflétant les inquiétudes du marché. - La Chine, l'Espagne et le Royaume-Uni ont exprimé leur opposition ou leur réticence à rejoindre le blocus américain, soulignant les divisions internationales. L'avenir immédiat impliquera probablement une surveillance étroite des mouvements navals dans le golfe Persique et le détroit d'Ormuz. Les observateurs surveilleront toute mise en œuvre pratique du blocus américain et les réponses potentielles de l'Iran.
D'autres déclarations diplomatiques d'acteurs internationaux clés, en particulier ceux ayant des intérêts économiques liés au transport maritime dans le Golfe, sont attendues. Les réactions du marché à tout nouveau développement offriront également un aperçu du risque perçu d'un conflit plus large dans les prochains jours.
Points clés à retenir
— - Les États-Unis ont annoncé un blocus naval des ports iraniens, effectif lundi à 14h00 GMT, suite à l'échec des pourparlers de paix.
— - L'armée iranienne a condamné le blocus comme illégal et acte de piraterie, menaçant de représailles contre d'autres ports du Golfe si les siens étaient ciblés.
— - Les prix du pétrole ont augmenté de près de 8 %, les contrats WTI et Brent dépassant les 100 dollars le baril, reflétant les inquiétudes du marché.
— - La Chine, l'Espagne et le Royaume-Uni ont exprimé leur opposition ou leur réticence à rejoindre le blocus américain, soulignant les divisions internationales.
Source : Al Jazeera









