Trois navires commerciaux, dont deux sous le coup de sanctions américaines, ont navigué dans le détroit d'Ormuz mardi, premier jour complet d'un nouveau blocus américain visant les navires à destination des ports iraniens. Cette décision de Washington de restreindre l'accès aux routes commerciales maritimes de l'Iran augmente considérablement le risque d'escalade régionale, selon Malik Traina d'Al Jazeera. Un pétrolier transportait 250 000 barils de méthanol.
Le navire battant pavillon panaméen Peace Gulf, un pétrolier de taille moyenne, s'est dirigé vers le port de Hamriyah aux Émirats arabes unis. Les données de navigation de LSEG ont indiqué sa trajectoire. Ce navire transporte fréquemment du naphta iranien, une matière première pétrochimique, vers divers ports non iraniens du Moyen-Orient pour un acheminement ultérieur vers les marchés asiatiques, ont révélé les données de Kpler.
Son transit mardi n'a pas été affecté par les restrictions nouvellement imposées, sa destination se trouvant en dehors des eaux territoriales iraniennes. Avant le passage du Peace Gulf, deux pétroliers déjà sous sanctions américaines avaient traversé cette voie navigable étroite. Ce détroit représente un cinquième des exportations mondiales d'énergie.
Le pétrolier de type handy Murlikishan, anciennement connu sous le nom de MKA, doit charger du fioul en Irak jeudi, selon les données de Kpler. Il a l'habitude de transporter du pétrole russe et iranien. Un autre pétrolier sanctionné, le Rich Starry, a effectué un transit significatif.
Il est devenu le premier navire de ce type à sortir avec succès du Golfe par le détroit depuis le début du blocus lundi, ont montré les données de LSEG et Kpler. Le pétrolier et son propriétaire, Shanghai Xuanrun Shipping Co Ltd, ont été soumis à des sanctions américaines pour leurs transactions avec l'Iran. Le Rich Starry, un pétrolier de taille moyenne, transportait environ 250 000 barils de méthanol.
Il avait chargé sa cargaison lors de sa dernière escale, Hamriyah. Un équipage chinois était à bord du navire, propriété chinoise. Ces mouvements soulignent les complexités immédiates auxquelles sont confrontées les opérations maritimes dans la région.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé le blocus portuaire dimanche. Cette décision fait suite à l'échec des pourparlers de paix du week-end entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad, au Pakistan. Les négociations visaient à désamorcer les tensions qui secouent la région du Golfe depuis des mois.
Avant l'annonce de Trump, l'Iran avait lui-même imposé un arrêt quasi total du trafic à travers le détroit d'Ormuz. Cette action faisait suite à une série d'attaques américano-israéliennes sur le territoire iranien, qui avaient débuté le 28 février. Le contrôle effectif de Téhéran sur ce point de passage critique avait fait grimper en flèche les prix mondiaux du gaz et de l'essence.
La stratégie actuelle de Washington vise directement à diminuer l'influence de Téhéran sur le détroit. L'intention est d'empêcher les pétroliers iraniens, qui avaient poursuivi leurs transits quotidiens, de traverser ce passage stratégique. Cela représente un défi direct à l'influence antérieure de l'Iran. « Cela complique tout pour les navires commerciaux qui sont bloqués dans le Golfe », a déclaré Malik Traina, en reportage depuis Koweït City pour Al Jazeera. « Ils doivent maintenant obtenir la permission de l'Iran pour passer, ainsi que des États-Unis. » Ses mots soulignent la double autorité désormais exercée sur le détroit.
Traina a en outre mis en garde contre le risque de conflit. « Il y a un réel risque d'escalade ici », a-t-il dit. « Si les navires iraniens sont arrêtés, si le pétrole iranien est arrêté, l'Iran pourrait peut-être empêcher d'autres navires du Golfe de venir et d'entrer dans le détroit. » Ce scénario présente un danger évident pour le transport maritime mondial. La Chine, un acteur majeur du commerce régional, a exprimé de vives objections. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré mardi que les États-Unis avaient « intensifié leurs opérations militaires et mené une action de blocus ciblée, ce qui ne fera qu'exacerber les tensions et saper l'accord de cessez-le-feu déjà fragile. » Il n'a pas mâché ses mots.
Guo a qualifié l'action américaine de « comportement dangereux et irresponsable ». Il a ajouté qu'elle « compromet davantage la sécurité du passage à travers le détroit ». Pékin dépend fortement de l'énergie du Moyen-Orient. Plus de la moitié des importations pétrolières de la Chine proviennent du Moyen-Orient, l'Iran étant un fournisseur particulièrement important. Les données de Kpler indiquent que la Chine a acheté plus de 80 % du pétrole iranien transporté l'année dernière.
Cela représente 1,4 million de barils de pétrole brut iranien par jour, sur un total de 10,4 millions de barils d'importations quotidiennes de brut par voie maritime de la Chine. Une telle dépendance rend la position de la Chine peu surprenante. Malgré le nouveau blocus, la possibilité d'une résolution diplomatique n'a pas entièrement disparu.
Le président Trump a indiqué que l'Iran avait encore la possibilité de parvenir à un accord. Un responsable pakistanais, s'adressant à Al Jazeera, a confirmé la volonté du pays d'accueillir de nouvelles séries de pourparlers de paix aussi longtemps que nécessaire. Les contacts diplomatiques entre toutes les parties impliquées se poursuivent, offrant une lueur d'espoir.
Ces discussions en cours offrent un contrepoint aux pressions militaires et économiques croissantes. La communauté internationale observe attentivement. Pourquoi c'est important :
Le blocus américain des ports iraniens et les mouvements ultérieurs dans le détroit d'Ormuz ont un impact direct sur les marchés mondiaux de l'énergie et le commerce international.
Les perturbations de ce point de passage maritime vital, qui voit transiter quotidiennement des milliards de dollars de pétrole et de gaz, peuvent déclencher des hausses de prix immédiates pour les consommateurs du monde entier. En outre, ces actions soulèvent le spectre d'une confrontation militaire dans une région déjà volatile, menaçant une stabilité plus large et pouvant impliquer de grandes puissances mondiales ayant des intérêts économiques en jeu. La sécurité du transport maritime commercial est désormais sous surveillance. - Les États-Unis ont initié un blocus des ports iraniens suite à l'échec des pourparlers de paix, visant à freiner le commerce maritime de l'Iran. - Trois navires, dont deux sous sanctions américaines, ont transité par le détroit d'Ormuz mardi, aucun ne se dirigeant vers les ports iraniens. - La Chine a fermement condamné le blocus américain, citant sa dépendance significative au pétrole iranien et ses préoccupations concernant l'escalade régionale. - Les canaux diplomatiques restent ouverts, le Pakistan proposant d'accueillir de nouvelles discussions malgré les tensions accrues.
Tous les regards resteront tournés vers le détroit d'Ormuz pour toute activité maritime supplémentaire et toute confrontation directe entre les forces américaines et iraniennes. Les observateurs surveilleront également la volatilité des prix mondiaux du pétrole et du gaz. La volonté du Pakistan de poursuivre sa médiation suggère que les efforts diplomatiques, aussi tendus soient-ils, pourraient reprendre.
Les prochains jours mettront à l'épreuve la détermination de Washington et de Téhéran, et détermineront si le blocus conduira à une crise régionale plus large ou forcera un retour à la table des négociations. Tout arrêt de pétroliers iraniens pourrait rapidement dégénérer.
Points clés à retenir
— - Les États-Unis ont initié un blocus des ports iraniens suite à l'échec des pourparlers de paix, visant à freiner le commerce maritime de l'Iran.
— - Trois navires, dont deux sous sanctions américaines, ont transité par le détroit d'Ormuz mardi, aucun ne se dirigeant vers les ports iraniens.
— - La Chine a fermement condamné le blocus américain, citant sa dépendance significative au pétrole iranien et ses préoccupations concernant l'escalade régionale.
— - Les canaux diplomatiques restent ouverts, le Pakistan proposant d'accueillir de nouvelles discussions malgré les tensions accrues.
Source : Al Jazeera









