Les responsables iraniens, dont le président Masoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, ont collectivement rejeté jeudi les affirmations du président des États-Unis Donald Trump concernant de profondes divisions au sein de la direction de Téhéran. Leur message unifié, diffusé sur les réseaux sociaux, vise à projeter une image de stabilité au milieu des tensions régionales croissantes et d'un blocus américain affectant les ports du pays. Les analystes notent que cette démonstration publique signale la position ferme de l'Iran face aux pressions externes, même si son Guide suprême reste absent de la scène publique.
Au-delà des déclarations publiques, la réponse coordonnée des plus hautes sphères de Téhéran souligne une stratégie délibérée pour contrer le récit de Washington. Le président Pezeshkian, aux côtés du président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, a rejoint le Conseil suprême de la sécurité nationale pour diffuser un message identique sur X, la plateforme de médias sociaux. « En Iran, il n'y a ni radicaux ni modérés », a déclaré le communiqué. « Nous sommes tous 'Iraniens' et 'révolutionnaires', et avec l'unité de fer de la nation et du gouvernement, avec une obéissance complète au Guide suprême de la Révolution, nous ferons regretter ses actions au criminel agresseur. » Ce défi direct aux affirmations de Trump marque un durcissement de la posture publique de Téhéran. Le premier vice-président Mohammad Reza Aref a encore renforcé cette position, partageant le même message et ajoutant une note supplémentaire en anglais. « Iran is not a land of rifts, but a stronghold of unity », a déclaré Aref. « Our political diversity is our democracy, yet in times of peril, we are a 'Single Hand' under one flag.
Pour protéger notre sol et notre dignité, nous transcendons toutes les étiquettes. Nous sommes une seule âme, une seule nation. » Ses mots visaient à transmettre une image de force interne malgré les pressions externes. De telles déclarations ont pour but de rassurer la population iranienne et de signaler la détermination aux observateurs internationaux.
Ces déclarations sont intervenues alors que le président américain Donald Trump et ses conseillers ont constamment réitéré au cours de la semaine dernière des allégations concernant des désaccords significatifs entre les dirigeants iraniens. Trump a affirmé que les Iraniens « ont beaucoup de mal à savoir qui est leur chef », alléguant des luttes intestines « folles » entre de prétendus « modérés » et « durs » à Téhéran.
Ces déclarations de Washington sont devenues un élément quotidien de l'impasse diplomatique actuelle. Le récit du président américain suggère une structure de pouvoir fracturée au sein de la République islamique. Ajoutant à l'incertitude, le Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei n'a pas fait d'apparition publique depuis qu'il a assumé son rôle après que son père, Ali Khamenei, a été tué par des frappes américano-israéliennes le 28 février. Des responsables ont indiqué que le jeune Khamenei avait été blessé et « défiguré » lors de la même frappe qui a coûté la vie à son père.
Son absence de la scène publique a alimenté les spéculations. Le New York Times a rapporté jeudi que Mojtaba Khamenei était gravement blessé mais restait « mentalement lucide », citant des sources qu'ils ont décrites comme des responsables iraniens. La nature précise de son état et ses implications pour la gouvernance restent floues pour les observateurs extérieurs.
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a également rejeté les allégations selon lesquelles l'armée iranienne serait en désaccord avec la direction politique. Écrivant sur X, Araghchi a déclaré : « The failure of Israel’s terrorist killings is reflected in how Iran’s state institutions continue to act with unity, purpose, and discipline. » Il a souligné la coordination entre les différentes branches du gouvernement. « The battlefield and diplomacy are fully coordinated fronts in the same war. Iranians are all united, more than ever before. » Cela vise à contrer toute perception de discorde interne qui pourrait être exploitée par les adversaires.
L'impasse diplomatique avec les États-Unis se poursuit, Trump suggérant qu'il est à l'aise de maintenir le statu quo actuel. Cela implique le blocus des ports iraniens pour exercer une pression économique sur le pays, sans s'orienter vers un conflit renouvelé ou un accord rapide et concluant. « Iran’s Navy is lying at the bottom of the Sea, their Air Force is demolished, their Anti-Aircraft and Radar Weaponry is gone, their leaders are no longer with us, the Blockade is airtight and strong and, from there, it only gets worse — Time is not on their side! » a posté Trump sur les réseaux sociaux jeudi. Il a ajouté : « A Deal will only be made when it’s appropriate and good for the United States of America, our Allies and, in fact, the rest of the World. » Ses mots projettent une position inflexible.
Téhéran, cependant, a maintenu ces derniers jours que les pourparlers prévus, précédemment fixés au Pakistan, n'ont pas lieu en raison du blocus américain sur ses ports. La politique dit une chose du point de vue de Washington, mais la réalité pour Téhéran est une pression économique étouffante rendant le dialogue difficile. Cette impasse a des conséquences tangibles.
Le siège naval en cours a étouffé les routes commerciales vitales, affectant le flux de biens et de produits essentiels vers le pays. Ce que cela signifie réellement pour votre famille, que ce soit à Téhéran ou à Tabriz, ce sont souvent des prix plus élevés pour les produits de première nécessité, une difficulté à obtenir des fournitures médicales et une instabilité générale dans le commerce quotidien. Le poids des sanctions pèse le plus lourdement sur les gens ordinaires.
Au-delà de la pression économique, la trêve elle-même reste ténue. Les défenses aériennes ont été activées au-dessus de Téhéran plus tôt jeudi, bien qu'aucune confirmation officielle d'une attaque contre le pays n'ait été publiée. La menace d'une confrontation militaire directe persiste.
Plus tôt jeudi, le président Trump a lancé un avertissement sévère, déclarant que l'armée américaine « tirera et tuera » les Iraniens observés en train de poser des mines dans le détroit d'Ormuz. Cet ordre pourrait facilement déclencher une réponse militaire directe et une escalade rapide dans une voie de navigation mondiale critique. De telles directives augmentent considérablement les enjeux pour le trafic maritime.
L'incertitude a déjà eu un impact sur les marchés mondiaux. Les prix du pétrole sont à nouveau en hausse en raison de l'instabilité et de ce que certains appellent un « double blocus » dans le Golfe – l'Iran fermant le détroit d'Ormuz et le siège naval américain sur les ports iraniens. Pour les familles de travailleurs de Miami à Mexico, cela se traduit directement par des coûts plus élevés à la pompe à essence et une augmentation des prix des marchandises transportées à travers le monde.
La partie d'échecs géopolitique dans le Golfe résonne sur les budgets des ménages bien au-delà. Les deux parties revendiquent la victoire dans leurs manœuvres diplomatiques, mais les chiffres racontent une autre histoire pour les consommateurs. Israël semble également prêt à réintégrer le conflit.
Le ministre de la Défense Israel Katz a déclaré jeudi que son pays attendait un « feu vert » du président Trump pour ramener l'Iran à « l'âge des ténèbres ». Katz, selon le journal Times of Israel, a déclaré : « Israel is prepared to renew the war against Iran. The [Israeli military] is ready in defence and offence, and the targets are marked. » Cette préparation publique de Jérusalem ajoute un autre élément volatile à une situation déjà explosive. La région retient son souffle, guettant toute erreur de calcul.
Pourquoi c'est important :
Cette guerre des mots croissante, associée aux blocus économiques et à la posture militaire, a des implications profondes qui s'étendent bien au-delà de la région immédiate. Pour les familles ordinaires en Iran, le blocus américain se traduit par des luttes quotidiennes pour se procurer de la nourriture et des médicaments, perturbant la stabilité de leur vie. Pour les consommateurs du monde entier, la hausse des prix du pétrole, due à cette instabilité, signifie des coûts plus élevés pour tout, du transport à l'épicerie.
Le potentiel de confrontation militaire dans le détroit d'Ormuz pourrait couper une artère vitale du commerce mondial, déclenchant une crise économique plus large. Il ne s'agit pas seulement de rhétorique politique ; il s'agit de la sécurité et du bien-être économique de millions de personnes, faisant de la danse diplomatique une question de préoccupation mondiale urgente. Points clés à retenir :
- Les responsables iraniens, dirigés par le président Pezeshkian, ont publiquement affirmé l'unité nationale, réfutant directement les affirmations du président américain.
Les allégations du président Trump concernant des divisions internes au sein de la direction. - Le Guide suprême Mojtaba Khamenei reste absent de la scène publique, des responsables américains et le New York Times rapportant qu'il a subi de graves blessures lors d'une frappe en février. - La diplomatie entre les États-Unis et l'Iran est au point mort, Téhéran blâmant un blocus portuaire américain et Washington étant à l'aise avec la poursuite de la pression économique. - Les tensions croissantes, y compris l'ordre de Trump de « tirer et tuer » les poseurs de mines iraniens et la préparation d'Israël à la guerre, menacent une trêve régionale fragile. L'avenir immédiat dépend de plusieurs points chauds critiques. Les observateurs surveilleront de près toute apparition publique du Guide suprême Mojtaba Khamenei, car sa santé pourrait modifier considérablement la dynamique interne de Téhéran. Le blocus des ports iraniens et le potentiel de l'Iran à perturber le transport maritime dans le détroit d'Ormuz continueront de dicter les prix mondiaux du pétrole et le rythme de tout engagement diplomatique futur.
Tout nouvel incident militaire dans le Golfe pourrait rapidement faire échouer le cessez-le-feu ténu, impliquant des acteurs régionaux et internationaux. Les semaines à venir mettront à l'épreuve la détermination de toutes les parties, afin de déterminer si une voie vers la désescalade peut être trouvée au milieu de la rhétorique croissante et des menaces militaires.
Points clés à retenir
— - Les responsables iraniens, dirigés par le président Pezeshkian, ont publiquement affirmé l'unité nationale, réfutant directement les allégations du président américain Trump concernant des divisions internes au sein de la direction.
— - Le Guide suprême Mojtaba Khamenei reste absent de la scène publique, des responsables américains et le New York Times rapportant qu'il a subi de graves blessures lors d'une frappe en février.
— - La diplomatie entre les États-Unis et l'Iran est au point mort, Téhéran blâmant un blocus portuaire américain et Washington étant à l'aise avec la poursuite de la pression économique.
— - Les tensions croissantes, y compris l'ordre de Trump de « tirer et tuer » les poseurs de mines iraniens et la préparation d'Israël à la guerre, menacent une trêve régionale fragile.
Source : Al Jazeera









