La Chine et la Russie ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies le 7 avril, bloquant ainsi une action militaire contre l'Iran visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, selon des rapports de Middle East Eye. Cette manœuvre diplomatique souligne le fossé croissant entre les grandes puissances concernant le droit international et les interventions, laissant beaucoup s'interroger sur l'avenir de la stabilité mondiale. Le vote contre l'intervention militaire fait suite à des semaines de tensions croissantes après une attaque américano-israélienne contre l'Iran fin février.
Le veto de la Chine et de la Russie du 7 avril a marqué un moment critique, stoppant une tentative des nations arabes d'autoriser l'usage de la force militaire contre l'Iran. Cette action a empêché une répétition du précédent libyen de 2011, où une résolution de l'ONU pour une zone d'exclusion aérienne fut plus tard perçue par certains comme un prétexte au changement de régime. La Russie et la Chine, soucieuses de ne pas fournir de couverture juridique à de nouvelles opérations militaires américano-israéliennes, ont choisi de s'abstenir de soutenir une action militaire.
Cette décision met en lumière une résistance plus large aux interventions unilatérales. Quelques semaines plus tôt, le 11 mars, le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté une résolution présentée par Bahreïn. Cette mesure condamnait les attaques régionales de l'Iran.
Cependant, elle est restée remarquablement silencieuse sur les frappes américano-israéliennes, dont beaucoup provenaient des pays mêmes que l'Iran avait ciblés en représailles, comme l'a rapporté le Middle East Eye. Treize des 15 pays membres ont soutenu la résolution. La Chine et la Russie se sont abstenues lors de ce vote, signalant des préoccupations précoces quant à l'orientation unilatérale de la résolution.
Cette séquence d'actions diplomatiques s'est déroulée sur fond de récits contradictoires sur la scène internationale, illustrée par deux discours significatifs. Le Premier ministre canadien Mark Carney a prononcé ce que certains ont qualifié de discours « hérétique » lors du Forum économique mondial de Davos plus tôt cette année. Il a levé le voile sur ce qu'il a décrit comme une « agréable fiction » concernant le soi-disant ordre mondial fondé sur des règles, un concept loué par les dirigeants occidentaux depuis plus de trois décennies.
Carney a soutenu qu'une « rupture » mettait désormais fin à cette fiction. Il a parlé d'une dure réalité où, comme il l'a formulé, « les forts peuvent faire ce qu'ils veulent, et les faibles doivent subir ce qu'ils doivent ». C'est ce qui se produit lorsque la politique dit une chose, mais que la réalité en dit une autre. Carney a spécifiquement critiqué l'hypocrisie des démocraties libérales.
Il a déclaré qu'elles rejetaient l'ordre fondé sur des règles lorsqu'il devenait inopportun, appliquant le droit international avec une rigueur variable selon l'identité des contrevenants et des victimes. Ce double standard, a-t-il affirmé, a fatalement sapé leur légitimité. L'intégration économique, les tarifs douaniers, les infrastructures financières et les chaînes d'approvisionnement avaient tous été militarisés, a soutenu Carney.
Il a cité les événements au Venezuela et la situation en cours en Iran comme exemples de cette dynamique. Ses mots ont brossé un tableau clair d'un système utilisé pour servir des intérêts puissants, et non la justice universelle. En contraste frappant, le secrétaire d'État américain
Marco Rubio a offert une perspective différente lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en février. Rubio a affirmé que pendant cinq siècles avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Occident s'était étendu. Ses missionnaires, pèlerins, soldats et explorateurs avaient afflué de ses côtes, a-t-il noté.
Ils avaient colonisé de nouveaux continents et bâti de vastes empires. Rubio n'a fait aucune allusion aux coûts énormes subis par le reste de l'humanité pour une telle colonisation occidentale, ni aucune expression de remords, selon l'analyse du Middle East Eye. Son discours exsudait un exceptionnalisme américain familier.
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Il était habilement masqué derrière des déclarations encourageantes sur les relations transatlantiques, qui ont suscité des applaudissements enthousiastes de la part du public européen, a rapporté le Middle East Eye. Rubio a ensuite affirmé que les Nations Unies s'étaient montrées « impuissantes à contenir le programme nucléaire des religieux chiites radicaux de Téhéran ». Cette affirmation omet un détail crucial : le Conseil de sécurité de l'ONU n'a jamais mandaté de Secrétaire général pour résoudre directement la question nucléaire iranienne. L'Agence internationale de l'énergie atomique, un organisme de l'ONU, avait mené des années d'inspections intrusives.
Ces inspections ont vérifié la conformité de l'Iran avec les conventions internationales sur la non-prolifération nucléaire. L'accord de 2015, signé par Téhéran et les puissances mondiales, avait effectivement contenu le programme nucléaire iranien. Cela a changé lorsque l'administration Trump a annulé l'accord trois ans plus tard, avec le plein soutien de Rubio.
La politique disait une chose, mais la réalité était bien plus complexe. Carney et Rubio, malgré leurs diagnostics diamétralement opposés, sont parvenus à une conclusion similaire : l'ordre mondial actuel touche à sa fin. Il a soutenu que ces actions avaient gravement nui à leur crédibilité.
Rubio, à l'inverse, a mis l'accent sur ce qu'il a appelé des « machinations obscures et ridicules » orchestrées par des ennemis perçus, regroupant sans distinction claire les communistes, les immigrants, les musulmans et les Chinois. Cette divergence dans la compréhension des causes de l'effondrement suggère que des solutions très différentes seront proposées pour restaurer une quelconque stabilité au système international. Elle met en évidence une profonde déconnexion aux plus hauts niveaux du leadership mondial.
Les applaudissements généralisés pour Carney à Davos et pour Rubio à Munich, malgré leurs messages contradictoires, présentent une curieuse énigme politique. Les mêmes élites qui ont applaudi la critique acerbe de Carney à l'égard des politiques occidentales ont ensuite fait de même pour les vues contrastées de Rubio. Cette apparente dissonance cognitive, en particulier parmi les dirigeants européens, soulève des questions sur la véritable concordance entre leurs principes déclarés et leurs réactions à des perspectives aussi divergentes.
Il est difficile de concilier ces réactions. L'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février et les réactions internationales qui ont suivi ont précisément mis en évidence les « doubles standards erronés » énumérés par Carney. Pour les familles de travailleurs, ce que cela signifie concrètement pour votre famille, c'est un monde où le droit international ressemble moins à un bouclier qu'à un outil.
La perturbation des approvisionnements mondiaux en énergie, en nourriture et en microprocesseurs découlant de la guerre en Iran a déjà un impact sur la vie quotidienne. Les prix des produits de première nécessité augmentent. La sécurité de l'emploi semble plus précaire.
Les puissances moyennes, telles que le Canada, l'UE et divers pays asiatiques, subissent désormais le poids de ces conséquences économiques. Carney a exhorté ces « puissances moyennes » à agir ensemble, avertissant que « si nous ne sommes pas à table, nous sommes au menu » dans l'ordre mondial émergent. Les deux parties revendiquent la victoire dans leurs manœuvres diplomatiques, mais voici les chiffres : les chaînes d'approvisionnement mondiales sont soumises à une pression immense, et le coût sera probablement supporté par les consommateurs du monde entier.
Points clés : - La Chine et la Russie ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU le 7 avril, bloquant une action militaire contre l'Iran. - Le Premier ministre canadien Mark Carney a critiqué l'hypocrisie et les doubles standards occidentaux concernant l'« ordre mondial fondé sur des règles ». - Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a présenté un récit historique de l'expansion occidentale et a critiqué le rôle de l'ONU dans le programme nucléaire iranien. - Les diagnostics divergents de l'instabilité mondiale par Carney et Rubio soulignent une profonde division idéologique parmi les élites internationales. Les tensions persistantes et l'impasse diplomatique à l'ONU suggèrent une période volatile à venir pour les relations internationales.
Les observateurs surveilleront toute nouvelle escalade militaire dans la région du Golfe, en particulier autour du détroit d'Ormuz, une voie de navigation critique. Les retombées économiques, notamment pour les marchés de l'énergie et de l'alimentation, resteront une préoccupation majeure pour les gouvernements du monde entier. La manière dont les puissances moyennes répondront à l'appel de Carney à l'action collective pourrait façonner les futures alliances et la stabilité économique.
Le véritable test sera de savoir si les dirigeants mondiaux pourront combler leurs divisions idéologiques pour faire face aux impacts réels sur les citoyens ordinaires.
Points clés
— - La Chine et la Russie ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU le 7 avril, bloquant une action militaire contre l'Iran.
— - Le Premier ministre canadien Mark Carney a critiqué l'hypocrisie et les doubles standards occidentaux concernant l'« ordre mondial fondé sur des règles ».
— - Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a présenté un récit historique de l'expansion occidentale et a critiqué le rôle de l'ONU dans le programme nucléaire iranien.
— - Les diagnostics divergents de l'instabilité mondiale par Carney et Rubio soulignent une profonde division idéologique parmi les élites internationales.
Source : Middle East Eye









