Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre Israel Katz ont officiellement rouvert la colonie de Sa-Nour en Cisjordanie occupée dimanche, près de 21 ans après son évacuation en 2005. Le ministre des Finances, Smotrich, a qualifié l'événement de « correction historique à l'expulsion criminelle », selon l'AFP, liant directement cette initiative à une répudiation du concept d'État palestinien. Cette action introduit 126 nouvelles unités de logement et voit 16 familles s'installer immédiatement sur le site.
La réouverture dimanche a marqué un revirement significatif de la politique de désengagement d'Israël de 2005, qui avait vu des colons être retirés de Sa-Nour et de trois autres colonies de Cisjordanie, parallèlement à un retrait plus large de Gaza. Ce dernier développement fait suite à des années d'efforts persistants de la part des groupes de colons pour retourner dans la région, aboutissant à l'approbation du gouvernement plus tôt cette année. Cette décision établit un précédent tangible pour la réoccupation de sites précédemment évacués, un changement aux implications stratégiques claires.
Seize familles se sont déjà installées dans la colonie du nord de la Cisjordanie, située au sud de Jénine. Les autorités israéliennes ont officiellement approuvé 126 nouvelles unités de logement pour le site, fournissant l'infrastructure nécessaire à une expansion substantielle. Cette initiative fait suite à un amendement de mars 2023 à la loi sur le désengagement par la Knesset, qui a effectivement annulé l'interdiction faite aux colons israéliens de résider dans les anciennes colonies de Sa-Nour, Homesh, Ganim et Kadim. « En ce jour émouvant, nous célébrons une correction historique à l'expulsion criminelle », a déclaré le ministre des Finances Smotrich lors de la cérémonie d'inauguration.
Ses propos, rapportés par l'AFP, ont dépassé l'événement immédiat, affirmant que les autorités israéliennes étaient également en train d'« enterrer l'idée d'un État palestinien ». Ce n'est pas seulement de la rhétorique. C'est une déclaration d'intention. Le ministre Israel Katz a rejoint Smotrich lors de l'événement.
Leur présence a souligné le soutien gouvernemental de haut niveau à cette réinstallation. Yossi Dagan, qui dirige le Conseil des colonies de Cisjordanie, faisait partie de ceux qui avaient été contraints de quitter Sa-Nour en 2005. Il a décrit son retour comme une « boucle personnelle bouclée ». Il a ajouté, avec détermination : « Nous sommes revenus pour rester. »
Ces déclarations et actions s'inscrivent dans une tendance plus large d'expansion des colonies sous le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Depuis la formation de sa coalition de droite après les élections de 2022, le rythme des approbations s'est accéléré. Environ 700 000 colons résident actuellement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Les chiffres ne concordent pas pour une solution à deux États lorsque des terres continuent d'être annexées. Le droit international considère généralement les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée comme illégales. Les Nations Unies et la plupart des organismes internationaux considèrent ces colonies comme des obstacles à la paix, sapant la viabilité d'un futur État palestinien.
Malgré les condamnations internationales constantes, Israël a continué d'étendre sa présence. Voici ce qu'ils ne vous disent pas : ces actions minent les solutions diplomatiques, une maison à la fois. Cette récente approbation de Sa-Nour n'est pas un incident isolé.
En mai dernier, le ministre des Finances Smotrich, lui-même colon, a annoncé des plans pour 22 nouvelles colonies à travers la Cisjordanie, y compris Sa-Nour et Homesh. En décembre, Ganim et Kadim ont été officiellement reconnues comme colonies par le gouvernement, alors qu'elles étaient auparavant considérées comme des avant-postes illégaux. Le schéma est clair.
Suivez les leviers, pas la rhétorique. Des groupes de défense des droits humains ont signalé une augmentation significative des approbations de colonies et de la violence des colons depuis le 7 octobre 2023. Cette période a été marquée par une escalade notable des tensions en Cisjordanie.
Le 11 avril, un Palestinien a été abattu par des colons israéliens à Deir Jarir, près de Ramallah. L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a rapporté que mars avait été l'un des mois les plus meurtriers jamais enregistrés en termes de violence des colons en Cisjordanie. Ces incidents ne sont pas fortuits ; ils font partie d'une dynamique qui s'intensifie.
Le mois dernier seulement, 34 nouvelles colonies ont reçu l'approbation. Cela porte le nombre total de colonies approuvées depuis l'entrée en fonction du gouvernement actuel à 104, selon les chiffres de l'organisation israélienne Peace Now. Le rythme rapide de ces approbations indique un choix politique délibéré.
Cela remet directement en question toute notion d'un futur État palestinien en modifiant les faits sur le terrain. Pourquoi c'est important
La réinstallation de Sa-Nour a un poids géopolitique considérable. Elle annule effectivement un élément clé de la politique de désengagement d'Israël, signalant une intention plus large de consolider le contrôle sur la Cisjordanie. Cette initiative sape directement les efforts internationaux visant à garantir une solution à deux États, un cadre longtemps considéré comme la voie principale vers une paix durable dans la région.
Pour les Palestiniens, ces actions représentent une nouvelle empiètement sur leur territoire et un approfondissement de l'occupation, exacerbant la vie quotidienne par des restrictions et des violences accrues. Cela complique également toute négociation future, car l'expansion physique des colonies réduit les terres contiguës disponibles pour un État palestinien viable, rendant un résultat à deux États de plus en plus difficile à envisager. Points clés à retenir
- Des ministres israéliens ont officiellement rouvert la colonie de Sa-Nour, évacuée en 2005, approuvant 126 nouvelles unités de logement. - Le ministre des Finances Smotrich a explicitement lié la réouverture à l'« enterrement de l'idée d'un État palestinien », indiquant un changement de politique clair. - Cette initiative fait suite à un amendement de la Knesset de mars 2023 annulant des parties de la loi de désengagement de 2005 pour quatre colonies de Cisjordanie. - L'expansion des colonies et la violence se sont accélérées depuis le 7 octobre 2023, avec 104 colonies approuvées depuis l'entrée en fonction du gouvernement actuel. La communauté internationale est désormais confrontée à un défi clair concernant sa position de longue date sur l'illégalité des colonies. Les réactions des puissances mondiales façonneront le paysage diplomatique dans les mois à venir.
Les observateurs surveilleront tout changement dans la politique américaine, en particulier en ce qui concerne l'aide et la pression diplomatique. L'expansion continue alimentera probablement de nouvelles tensions en Cisjordanie, exigeant l'attention des forces de sécurité et des organisations de défense des droits humains. Les semaines à venir révéleront si cette dernière initiative suscite une nouvelle condamnation internationale ou si elle est absorbée dans la réalité existante et escalade sur le terrain.
Points clés à retenir
— - Des ministres israéliens ont officiellement rouvert la colonie de Sa-Nour, évacuée en 2005, approuvant 126 nouvelles unités de logement.
— - Le ministre des Finances Smotrich a explicitement lié la réouverture à l'« enterrement de l'idée d'un État palestinien », indiquant un changement de politique clair.
— - Cette initiative fait suite à un amendement de la Knesset de mars 2023 annulant des parties de la loi de désengagement de 2005 pour quatre colonies de Cisjordanie.
— - L'expansion des colonies et la violence se sont accélérées depuis le 7 octobre 2023, avec 104 colonies approuvées depuis l'entrée en fonction du gouvernement actuel.
Source : Al Jazeera
