Le Premier ministre Benjamin Netanyahou fait face à une pression politique croissante après que les campagnes militaires sur plusieurs fronts contre l'Iran et le Hezbollah se soient conclues par des cessez-le-feu plus tôt ce mois-ci, laissant des objectifs stratégiques clés non atteints. Les résultats ont considérablement érodé la confiance du public dans le leadership de son gouvernement en temps de guerre, a noté Dahlia Scheindlin, analyste politique à Tel Aviv. Ce changement intervient alors qu'Israël se prépare à des élections générales d'ici octobre, avec des figures de l'opposition qui forment déjà des alliances.
Les conséquences immédiates des cessez-le-feu ont jeté une longue ombre sur la position politique du Premier ministre Benjamin Netanyahou, le sentiment public se dégradant rapidement. Les rapports initiaux suggéraient un fort soutien public aux actions du gouvernement, mais la réalité sur le terrain, et dans les sondages ultérieurs, raconte une autre histoire. Cette désillusion représente un défi crucial pour le Premier ministre le plus ancien d'Israël alors qu'il navigue les derniers mois de son mandat de quatre ans.
Netanyahou avait formulé des objectifs ambitieux au début de la campagne américano-israélienne contre l'Iran fin février. Les objectifs principaux comprenaient la dégradation des capacités militaires de la République islamique, l'éradication de ses programmes nucléaires et de missiles balistiques, et la création des conditions pour son renversement gouvernemental. Bien que l'infrastructure militaire iranienne ait subi des dommages considérables, sa capacité à menacer les voisins régionaux et les voies de navigation dans le détroit d'Ormuz persiste.
Les objectifs plus larges d'élimination de ses ambitions nucléaires et de changement de régime sont restés irréalisés lorsqu'un cessez-le-feu est entré en vigueur plus tôt ce mois-ci. Cela a laissé de nombreux Israéliens avec le sentiment qu'une victoire décisive leur avait échappé. Parallèlement, le dernier engagement d'Israël avec le Hezbollah au Liban s'est également terminé prématurément.
Netanyahou a publiquement déclaré que son accord pour une trêve était venu à la demande spécifique du président américain Donald Trump, mais il a souligné qu'Israël n'en avait “pas encore fini” avec le groupe militant soutenu par l'Iran. Les forces israéliennes maintiennent une présence, occupant une bande de 10 kilomètres (6 miles) de profondeur dans le sud du Liban.
L'arrêt abrupt des opérations dans le nord, après des mois d'escarmouches transfrontalières, a généré une intense frustration parmi les habitants des communautés directement touchées par les tirs de missiles. Ce sentiment d'inachèvement s'ajoute au conflit non résolu à Gaza, plus de deux ans après l'assaut du Hamas contre Israël en octobre 2023. Cette attaque a initié une féroce campagne de représailles.
Bien que le groupe militant soutenu par l'Iran, le Hamas, ait été affaibli, il reste une entité fonctionnelle. Le président Trump aurait également exercé des pressions sur Netanyahou pour qu'il réduise les opérations militaires à Gaza, un schéma qui est réapparu dans les conflits plus récents. Yoav Limor, un éminent commentateur des affaires militaires, a exprimé le sentiment généralisé : « Après 925 jours de combats depuis le 7 octobre, Israël n'a pas réussi à obtenir une victoire décisive sur quelque front que ce soit. » Il a ajouté qu'Israël est de plus en plus perçu comme une nation dont les décisions stratégiques ne sont pas prises à Jérusalem, mais à Washington.
Malgré les résultats complexes, Netanyahou a constamment présenté la guerre avec l'Iran comme un triomphe stratégique. Il l'a décrite comme une frappe préventive contre une menace « existentielle » pour la nation. « Nous avons écrasé la machine de destruction du régime iranien à l'avance », a-t-il récemment déclaré. Ces déclarations, cependant, semblent entrer en conflit avec la perception publique en évolution.
La confiance dans le gouvernement de Netanyahou a connu un net déclin après l'attaque meurtrière du Hamas en 2023, un événement qui a profondément secoué la nation. Au cours des deux années suivantes, son administration a mené une campagne intensive contre le Hamas et ses alliés, obtenant la libération de dizaines d'otages de Gaza grâce à un accord de cessez-le-feu. Israël a également remporté plusieurs succès militaires contre l'Iran et le Hezbollah.
Pourtant, ces gains tactiques ne se sont pas traduits par un avantage politique personnel pour le Premier ministre. L'Israel Democracy Institute, un groupe de réflexion centriste basé à Jérusalem, a mené deux sondages significatifs qui illustrent ce changement dans le sentiment public. Au cours de la première semaine de la guerre contre l'Iran, leur enquête a révélé qu'une solide majorité de répondants, 64 %, exprimait sa confiance en Netanyahou pour diriger la campagne.
Voici ce que le sondage dit réellement. Cependant, un sondage ultérieur, mené dans les jours suivant le cessez-le-feu du 8 avril, a révélé une image différente. Les Israéliens ont évalué la gestion de la guerre par le gouvernement — et non la seule performance individuelle de Netanyahou — plus négativement que positivement.
Avant de conclure, examinez la méthodologie : ces enquêtes fournissent des instantanés d'opinion à des moments précis, reflétant les réactions immédiates aux événements en cours. Le sondage, qui a été finalisé avant que les États-Unis ne négocient et prolongent le cessez-le-feu au Liban, a également indiqué qu'une majorité d'Israéliens pensait que les combats contre le Hezbollah auraient dû se poursuivre. Le questionnement du public s'étend au-delà des campagnes militaires à la relation fondamentale entre Netanyahou et Trump, et par extension, entre Israël et les États-Unis.
De nombreux Israéliens ont commencé à se demander si l'alliance restait aussi forte qu'elle le paraissait avant les récents conflits. Le président Trump, pour sa part, a continué à louer publiquement Israël. Il a récemment publié sur Truth Social que « que les gens aiment Israël ou non, ils se sont avérés être un GRAND Allié des États-Unis d'Amérique. » Il a également annoncé son intention d'accueillir Netanyahou et le président libanais Joseph Aoun à la Maison Blanche dans un « proche avenir » pour des discussions sur la trêve, qualifiant cela d'honneur.
Cette démonstration publique de soutien contraste avec les anxiétés sous-jacentes. Dans le sondage de l'Israel Democracy Institute, la plupart des Israéliens ont exprimé une probabilité « assez » ou « très » faible que l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran protège adéquatement les intérêts de sécurité d'Israël. Le bureau de Netanyahou a refusé de commenter les détails de sa relation avec le président Trump.
Cependant, un responsable israélien, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat pour décrire des conversations privées, a confirmé que Trump et Netanyahou continuent de se parler quotidiennement. Cette communication en coulisses souligne la complexité de leur dynamique, qui diffère souvent des perceptions publiques. Un geste symbolique de cette relation évolutive s'est produit à la fin de l'année dernière lorsque Netanyahou a annoncé qu'il décernerait le Prix Israël, l'une des plus hautes distinctions du pays, à Trump, faisant de lui le premier dirigeant étranger à le recevoir.
Israël a invité Trump à accepter officiellement le prix à Jérusalem le 22 avril, dans le cadre de la 78e célébration de son indépendance par le pays. Ce jour est arrivé et passé sans une visite de Trump, un signe visible de friction potentielle ou de problèmes d'emploi du temps. Le cessez-le-feu avec le Liban a causé une profonde déception, en particulier dans les villes israéliennes proches de la frontière nord, qui ont subi un mois et demi de tirs de missiles soutenus du Hezbollah.
Kiryat Shmona, une communauté fréquemment ciblée, reflète cette frustration. Asaf Oakil, un habitant vivant à seulement 100 mètres de la frontière, a exprimé sa forte désapprobation : « Le cessez-le-feu ? C'est une erreur. » Les magasins de ces communautés restent fermés, et des manifestations ont éclaté ces derniers jours, une grande partie de la colère étant dirigée directement contre l'administration de Netanyahou.
Shosh Tsaoula, une autre habitante de Kiryat Shmona, a exprimé son espoir que « les habitants du nord en tireront des leçons et voteront pour quelqu'un qui peut nous aider ici, pas quelqu'un qui nous abat et nous enterre. » Ses paroles révèlent le coût personnel du conflit et les implications politiques pour les prochaines élections. Pourquoi c'est important : Le paysage politique et sécuritaire actuel en Israël est à un point critique. Les résultats non concluants des récentes opérations militaires, associés à une confiance publique fluctuante, pourraient fondamentalement remodeler le leadership de la nation et son approche de la sécurité régionale.
Pour les Israéliens ordinaires, cela se traduit par une incertitude persistante concernant leur sécurité et la direction de leur pays. L'affaiblissement perçu de l'alliance américano-israélienne, même s'il est partiellement symbolique, a un poids significatif pour la position stratégique d'Israël dans une région volatile. Les prochaines élections serviront de référendum sur la gestion de ces défis par Netanyahou, pouvant potentiellement modifier le cours de la politique intérieure et des relations internationales pour les années à venir.
Points clés à retenir :
- Les objectifs stratégiques du Premier ministre Netanyahou pour les récents conflits avec l'Iran et le Hezbollah restent largement non atteints.
- La confiance du public dans le gouvernement de Netanyahou a considérablement diminué suite aux cessez-le-feu, selon les sondages de l'Israel Democracy Institute.
- Les habitants des villes frontalières du nord ont exprimé une profonde frustration concernant le cessez-le-feu au Liban, craignant une insécurité continue.
- La relation américano-israélienne, bien que publiquement louée par Trump, fait l'objet d'un examen minutieux concernant l'alignement de ses intérêts. Le gouvernement de Netanyahou est maintenant dans les derniers mois de son mandat de quatre ans, avec des élections obligatoires d'ici la fin octobre. Le paysage politique est déjà en train de changer.
Deux éminents politiciens de l'opposition, Naftali Bennett et Yair Lapid, ont annoncé dimanche leur intention d'unir leurs forces pour les prochaines élections. L'ancien chef militaire Gadi Eisenkot, une autre figure populaire de l'opposition, devrait également rejoindre cette alliance. Nadav Eyal, commentateur pour le quotidien israélien Yediot Ahronoth, suggère que Netanyahou fait face à de « gros problèmes » s'il ne parvient pas à convaincre les Israéliens que les guerres récentes ont apporté des gains de sécurité durables.
Les électeurs examineront la stabilité de ces cessez-le-feu, qui peuvent prendre fin à tout moment. Tous les regards seront tournés vers l'évolution des alliances politiques et la capacité du gouvernement à articuler une voie claire pour la sécurité nationale à mesure que le compte à rebours électoral s'intensifie. Les pourparlers prévus à la Maison Blanche entre Trump, Netanyahou et Aoun seront également suivis de près pour toute indication d'accords diplomatiques ou de sécurité futurs.
Points clés à retenir
— - Les objectifs stratégiques du Premier ministre Netanyahou pour les récents conflits avec l'Iran et le Hezbollah restent largement non atteints.
— - La confiance du public dans le gouvernement de Netanyahou a considérablement diminué suite aux cessez-le-feu, selon les sondages de l'Israel Democracy Institute.
— - Les habitants des villes frontalières du nord ont exprimé une profonde frustration concernant le cessez-le-feu au Liban, craignant une insécurité continue.
— - La relation américano-israélienne, bien que publiquement louée par Trump, fait l'objet d'un examen minutieux concernant l'alignement de ses intérêts.
Source : AP News









