Le trafic maritime à travers le détroit d'Ormuz est resté largement interrompu samedi, alors que les médias d'État iraniens ont déclaré la fermeture de cette voie navigable cruciale quelques heures seulement après que Téhéran avait annoncé sa réouverture, créant une confusion immédiate sur les marchés mondiaux de l'énergie. Les prix du pétrole ont chuté de plus de 10 % vendredi, passant sous la barre des 90 dollars le baril, reflétant l'inquiétude du marché quant à la fiabilité des flux de pétrole brut du Moyen-Orient. Ce revirement contredisait directement les déclarations d'optimisme antérieures du président Donald Trump concernant les négociations de paix en cours avec Téhéran.
Malgré l'optimisme exprimé par le président Donald Trump tard vendredi concernant les négociations de paix en cours avec l'Iran, le trafic maritime à travers le détroit stratégique d'Ormuz est resté largement restreint. Le service de radiodiffusion de la République islamique d'Iran (IRIB) a annoncé samedi que le détroit avait de nouveau été fermé, attribuant cette décision au non-respect par Washington de ses engagements. Cette évolution faisait suite à une semaine de diplomatie infructueuse et d'escalade des actions militaires.
Le week-end dernier, des pourparlers à Islamabad, au Pakistan, entre une délégation américaine dirigée par le vice-président JD Vance et des négociateurs iraniens menés par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf se sont achevés sans accord. Ces discussions visaient à désamorcer les tensions qui ont vu les forces américaines et israéliennes mener une campagne aérienne contre des cibles iraniennes depuis le 28 février. L'absence de percée diplomatique au Pakistan a souligné les profondes divisions entre les parties, notamment concernant l'avenir du programme nucléaire iranien.
Le président Trump avait informé les journalistes voyageant à Washington à bord d'Air Force One qu'il avait reçu de « plutôt bonnes nouvelles il y a 20 minutes » concernant la situation au Moyen-Orient avec l'Iran, selon MS Now. Il a indiqué que les négociations se poursuivraient tout au long du week-end, suggérant une voie à suivre. Trump a également détaillé une condition pour la récupération des matières nucléaires, déclarant que les États-Unis « iraient avec l'Iran et nous les prendrions ensemble, et nous les ramènerions, 100 % d'entre elles, aux États-Unis » après la signature d'un accord.
Un tel effort conjoint représenterait un changement significatif par rapport aux positions antérieures. Cependant, la réalité sur le terrain, ou plus précisément sur l'eau, a rapidement divergé du ton optimiste du président. Plus tôt vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, avait utilisé les médias sociaux pour déclarer le détroit d'Ormuz « complètement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu » à tous les navires commerciaux, liant cela à un cessez-le-feu distinct de 10 jours entre Israël et le Liban qui a commencé jeudi à 17h00.
heure de l'Est. Araghchi a ajouté que les navires devraient transiter par une « route coordonnée » annoncée par les autorités maritimes iraniennes. Cette ouverture conditionnelle a introduit une incertitude immédiate quant aux modalités pratiques du passage.
Samedi, le service IRIB a publié sur X, clarifiant le statut du détroit : « L'Iran a accepté d'autoriser un nombre limité de navires à traverser le détroit d'Ormuz conformément aux accords. Mais les États-Unis n'ont pas rempli leurs obligations. Par conséquent, le détroit d'Ormuz est de nouveau fermé et le passage nécessite l'approbation de l'IRAN. » Cette déclaration accusait directement les États-Unis de non-conformité, annulant de fait la déclaration d'ouverture précédente.
Ce revirement rapide a souligné la fragilité de toute entente entre Washington et Téhéran. Le président Trump avait publiquement remercié l'Iran sur les médias sociaux pour l'ouverture du détroit, déclarant même lors d'un discours à Phoenix que l'Iran « vient d'annoncer que le détroit d'Ormuz est entièrement ouvert et prêt pour les affaires et le passage complet ». Il a affirmé que le blocus naval américain des ports iraniens resterait en « pleine vigueur » jusqu'à ce qu'un accord soit conclu. Cette reconnaissance publique d'une ouverture, même si les États-Unis maintenaient leur blocus, a été rapidement contestée par le négociateur en chef iranien.
Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, n'a pas tardé à contester l'affirmation de Trump. Dans un message X traduit, Ghalibaf a écrit : « Avec la poursuite du blocus, le détroit d'Ormuz ne restera pas ouvert. » Sa déclaration a souligné la position de l'Iran selon laquelle le blocus américain constituait une violation de tout accord implicite concernant le passage du détroit. Le langage diplomatique des deux parties divergeait clairement sur l'interprétation des arrangements existants.
En effet, les preuves physiques étayaient l'affirmation de Ghalibaf. Des séquences vidéo de la société de suivi de navires Kpler ont montré plusieurs pétroliers et cargos tentant de quitter la voie navigable vendredi, pour ensuite faire demi-tour. Matt Smith, directeur de la recherche sur les matières premières chez Kpler, a confirmé la situation, déclarant : « Il est clair qu'ils n'ont pas reçu l'approbation de passer. » Cette observation sur le terrain a fourni une illustration concrète de la fermeture effective du détroit, indépendamment des déclarations diplomatiques.
Les chiffres figurant sur le manifeste d'expédition racontent la véritable histoire du commerce mondial. Les médias iraniens affiliés aux Gardiens de la révolution, y compris Tasnim News, ont fourni des détails supplémentaires sur la nature conditionnelle de toute réouverture limitée. Une source proche du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne a déclaré à Tasnim News que les navires commerciaux devaient se coordonner avec les forces iraniennes pour le passage.
Le rapport précisait également que les navires ou leurs cargaisons liés à des « nations hostiles » ne seraient pas autorisés à passer. De manière cruciale, le rapport de Tasnim a réitéré que le détroit se fermerait si le blocus naval américain se poursuivait, établissant un lien clair entre le blocus et l'accès à la voie navigable. Ce lien positionne la politique commerciale comme une politique étrangère par d'autres moyens.
Le détroit d'Ormuz, un point de passage étroit reliant le golfe Persique aux marchés mondiaux de l'énergie, est une artère cruciale pour le commerce international. Environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole brut transitait par ce détroit avant le récent conflit. Sa fermeture a déjà provoqué ce que les analystes décrivent comme la plus grande perturbation de l'approvisionnement pétrolier de l'histoire, créant des ondes de choc sur les marchés mondiaux des matières premières.
La récente chute des prix du pétrole, de plus de 10 % pour passer sous les 90 dollars le baril vendredi, reflète directement la sensibilité du marché aux moindres changements temporaires d'accès. Pour les consommateurs du monde entier, les implications sont directes et tangibles. Suivez la chaîne d'approvisionnement : les perturbations au détroit d'Ormuz se traduisent par des prix du pétrole brut plus élevés, ce qui affecte à son tour le coût de l'essence, du diesel et d'autres produits pétroliers.
Ces coûts accrus se répercutent sur l'économie mondiale, ayant un impact sur les frais d'expédition, les intrants manufacturiers et, finalement, les prix des biens de consommation courante. L'incertitude persistante concernant le passage par le détroit ajoute une prime de risque significative aux prix de l'énergie, affectant tout, des billets d'avion aux produits en plastique. Il ne s'agit pas d'un différend géopolitique abstrait ; cela a un impact sur les budgets des ménages.
Le président Trump avait accepté un cessez-le-feu de deux semaines le 7 avril, apparemment en échange de l'ouverture complète du détroit par l'Iran. Cependant, Ghalibaf a accusé les États-Unis de violer cet accord en permettant à Israël de poursuivre sa campagne militaire au Liban contre le Hezbollah, un groupe étroitement allié à l'Iran. Cette accusation met en lumière un point de discorde central dans les négociations plus larges, où les conflits régionaux sont liés aux routes commerciales internationales et à la sécurité énergétique.
L'interconnexion de ces problèmes rend une résolution complexe. - Le détroit d'Ormuz est effectivement fermé au trafic maritime commercial, malgré les déclarations iraniennes antérieures d'ouverture. - L'Iran attribue la fermeture au non-respect par les États-Unis de leurs obligations liées à un accord de cessez-le-feu. - L'optimisme du président Trump pour les pourparlers de paix contraste avec les déclarations iraniennes et les preuves physiques de passage bloqué. - Les prix du pétrole ont chuté de plus de 10 % vendredi, reflétant l'inquiétude du marché face aux perturbations de l'approvisionnement mondial en pétrole brut. Le cessez-le-feu actuel de deux semaines doit se conclure mercredi. Le président Trump a indiqué qu'il pourrait ne pas le prolonger, réitérant que le blocus des ports iraniens resterait en place.
Il a averti que si le cessez-le-feu n'était pas prolongé, les États-Unis pourraient « devoir recommencer à larguer des bombes ». La date limite imminente crée un environnement à enjeux élevés pour un engagement diplomatique accru, ou une action militaire renouvelée. Tous les regards seront tournés vers la décision de mercredi et tout mouvement ultérieur de navires commerciaux à travers le détroit, ce qui indiquera le véritable état des relations entre ces puissances mondiales.
Points clés à retenir
— - Le détroit d'Ormuz est effectivement fermé au trafic maritime commercial, malgré les déclarations iraniennes antérieures d'ouverture.
— - L'Iran attribue la fermeture au non-respect par les États-Unis de leurs obligations liées à un accord de cessez-le-feu.
— - L'optimisme du président Trump pour les pourparlers de paix contraste avec les déclarations iraniennes et les preuves physiques de passage bloqué.
— - Les prix du pétrole ont chuté de plus de 10 % vendredi, reflétant l'inquiétude du marché face aux perturbations de l'approvisionnement mondial en pétrole brut.
Source : CNBC
